journal/ no es el fin

13 juillet 2008

Santiago, 13 juillet 2008.

Derniere nuit americaine.

Je me souviens de la veille du depart. Derniere nuit parisienne.

Et de la traversee.

C est drole parce que l idee de traverser l Atlantique me fait ressentir a peu pres les memes emotions que quand je devais le traverser dans l autre sens alors que pourtant, j allais vers un monde inconnu et je vais a present vers un monde connu. Une question bde temps et d espace sans doute, le caractere connu ou inconnu du lieu est a cote de l inconnu que represente l avenir.

Peut etre aussi, juste, parce que la traversee elle meme est toute l aventure du voyage. Tout est dans la traversee. Ce que j essaye de dire c est que “traverser l Atlantique” est sans doute plus fou et m impressionne plus que “etre a Paris dans 30 heures”. Mais c est complique a expliquer parce que ca revient un peu au meme…

Excusez ces pensees sans direction, je prefere conclure en reprenant a mon compte une grande phrase sur le voyage d un grand voyageur du monde (qui se reconnaitra) : “8 mois c est pas rien”.

Je vous enmbrasse.

Mil besos a mis amigos chilenos, argentinos y brasileiros que pasan por aca y hasta muy pronto

Je savais que revenir a Santiago par la Bolivie avait quelque chose d incensé. A ce point je n imaginais pas. Mais le passage Bolivie / Chili (Cochabamaba – Iquique) fut le pire voyage en bus (en moyen de transport) de mon voyage (de ma vie). Et le poste frontalier cote bolivien de Chungara la pire d Amerique latine (du monde). Une queu de plus de 1000 personnes pour un seul guichet (ok, deux, entrada y salida), qui plus est, le plus lent du monde. Mais 3 heures d attente, ce n est rien (le temps n est rien). Trois heures d attente dans un froid glacial, apres une nuit horrible passe dans un bus fonçant dans les vallees tournantes de la cordillere, a 4800m d altitude (detail non-negligeable, je vous assure), c est le bus de l enfer avec le joli mais tout autant trompeur nom de Trans Paraiso… Bon je vous passe les details (presents sur le brouillon ecrit sur le moment…), ces sympathiques moments de solitude enfermé dans les rustiques toilettes du bus a essayer (presque) en vain de rejetter les 2 m&ms et les 5 centilitres de soupe presents dans mon estomac. Inutile de preciser que tous les medicaments que j ai achetés pour me sortir de cet état ont ete d une sricte et profonde inutilite (au contraire ?). Quoique… c est peut etre grace a eux que je suis arrivé vivant a Iquique… ¿Que se yo? En attendant, je suis vacciné à… à rien du tout… à l envie de m aventurer de nouveau a plus de 400m au dessus du niveau de la mer…

Samedi 31 mai, São Paulo, Brasil, je suis vivant (au moins jusqu’à demain).

Et apres Goran Bregovic a Santiago, c est avec Macy Gray et Herbie Hancock que le hasard voyageur m’a donné rendez-vous. Encore pour un concert gratuit dans un grand parc. Sympa, non ?

 

 

 

Mardi 12 mai, Foz do Iguazu, Brasil, quel bonheur, je suis vivant.

Je suis parti de Buenos Aires le 25 avril, apres moultes despedidas* (le nouveau couple de la casa Aguero, qui cogne au moindre bruit, s en souvient encore), a minuit pour Montevideo.

Le 26 avril, je me rendai compte que je quittais un morceau de ma vie, un morceau de vie que je m etais inventé, que j avais construit, dans une ville etrangere. Une ville qui petit a petit m etait devenue familiere. Et un morceau de vie, il faut bien le dire, drolement sympatique.

Le 27 avril, je me demandai ce que je faisais dans cette ville, tres belle, tres attachante mais ou je ne connaissais personne et a un moment ou, dans l etat dans lequel j etais, je n avais meme pas tellement envie de faire de nouvelles rencontres. Je commencai a m en vouloir de ne pas etre alle directement au Bresil, qui… et puis, non, pardon, je ne vais pas vous raconter tout ca, j ai l imopression de me justifier, donc je passe sur les multiples raisons qui ont fait que… et j en arrive au 29 ou 30 avril je ne sais plus, je suis au terminal de Montevideo, je me renseigne sur les horaires de bus et je prends un billet pour…Buenos Aires. Et j ai passe une petite semaine supplementaire a Buenos Aires. Tout en etant deja parti, tout en ayant vecu tout le meilleur de ce que j aurai pu vivre a Buenos Aires, j ai fait comme une pause dans mon voyage. En prevenant juste David que j allais dormir dans sa chambre. En etant dans la tete deja au Bresil, mais pour prolonger (je me repete) ma petite vie ephemere a Buenos Aires. Et je pense que c etait une bonne decision. Et une bonne eperience. Et, sobretodo, une agreable prolongation.

Je deteste ce message, mais par flegme, je  pense que je le laisserai telle quelle. Pardon.

Maintenant, avec ce pardon a la con, je le deteste encore plus.

Enfin bref, tout ca pour dire que grace ou a cause de ce retour innatendu (oui, meme moi, je n z crozais pas jusqu a me retrouver de nouveau au milieu de l avenue corrientes), je suis revenu en bateau par le Tigre et j ai pris plein de photos,  en plus de celles de Montevideo, mais je vous les presente dans un prochain message.
En attendant, Voir les photos.

 

* (Note de bas de page) Ici, fete de depart

journal/ Porque me voy

25 avril 2008

Je savais bien que la premiere chose que je ferais en Uruguay serait d aller dans un cyber. En meme temps, a 6h du mat dans une ville inconnue, dans un pays inconnu, je ne sais pas si il y avait tellement mieux a faire pour passer le temps, en attendant le soleil. Oh, et puis, je ne sais pas, j écrirai plus tard ou ailleurs, je voulais juste informer qu une grosse étape du voyage était terminée… C est ca qui est dur.

Jeudi 13 mars, Buenos Aires, Argentina, I’m alive.

Samedi soir, si j’arrive a avoir des billets, je vais voir Bob Dylan en concert. J’ai longtemps hesite avant de prendre ma place. Et puis j’ai vu un dvd d’un concert de 1960 de lui, seul avec sa guitarre, et je me suis dit, ce n’est pas possible de louper ca.

Ca. Cette legende intertemporelle dont je venais de comprendre l’ampleur. Sauf que les legendes intertemporelles survivent dans les memoires. Eventuellement dans des images magiques d’un concert live de deux jeunes de 17 ans qui d’une seule meme voix, dans un seul micro, enchantent tout un public assis et silencieux qui represente toute une generation. Au pire entre les bandes d’un vieux vinyle.

Mais entre temps, dans le monde réel, du temps a passé. La jeune fille à la voix magnifique, Joan Baez, est partie. Le garcon qui a revolucionne un certain genre de la musique du haut de ses 18 ans, a pris 40 annees de plus. Bob Dylan s’est entouré de tout un groupe, qui, sur scene, absorbe toute sa presence et affaiblit considerablement toute la force de sa musique. Sa voix incroyable a tout simplement disparue, c est a peine si on comprend ce qu’il marmonne. Et, sobretodo, son sourire, celui qui vous disait (je m’en souviens encore…) “Et oui, je sais que je ne suis pas n’importe qui mais j’en suis tellement heureux et je vous en suis tellement reconnaissant” sa manière de dire “I love you” a son public, c’est-a dire a toute la jeunesse d’Amerique, avec ce regard a la fois charmeur et sincere qui avait deja tout vecu, je vuex dire, je ne parle pas du nombre d’amantes et des positions sexulelles experimentées, je parle de toute l’histoire de l’Amerique, de toute l’histoire de l’homme en general, tout vecu, ca veut dire tout compris mais sans en etre sur. Tout ca s’est evaporé.

Il reste l’image un viellard, pas particulierement sympathique qui porte dans sa valise tous ces moments de gloire, et qui chaque jour est un peu plus ecrasé par ce poids.

Je parle comme si j’avais deja ete le voir, non c’est samedi, j’espere exagerer un peu. Mais il m’a suffit de voir quelques extraits d’un live recent a MTV pour me rendre compte que c’etait tout-a-fait autre chose. Alors on verra bien. Il y a toujours des chansons qui restent des perles de la musique et qui font que le seul fait qu’elles soient chantées par leur génial créateur, c’est quelque chose qui vaut la peine d’etre vecu.

Alors, en attendant, j’espere vraiment qu’il reste une place pour moi dans ce mini voyage dans le temps. Vers une epoque que je n ai jamais connue et qui n’a peut etre jamais existe (finallement…).

Ha c est difficile de retourner dans une boite normale apres les peñas du nord !

Je ne comprenais pas pourquoi les gens dansaient tous en petits groupes, pourquoi tout le monde ne faisait pas circuler son verre a n’importe quel voisin pour discuter avec lui, pourquoi toutes les filles etaient maquillées et habillees comme a Paris, et d’une maniere generale, pourquoi tous ces jeunes gens sautaient en l’air au lieu de danser…

Bref tout ca pour dire que la premiere impression de cette grande ville qu’est Buenos Aires reste encore pour moi, l’europeen venu du nord, une petite deception. Meme si je saisis bien que toute la richesse de Buenos Aires ne peut se decouvrir, un peu de la maniere que Paris, que dans une vision plus approffondie de la ville.

En attendant, elle a, dans une tres moindre mesure (ce qui la rend encore tres supportable), beaucoup des defaults de Paris (je parle de la ville et non des gens, ce qui fait toute la difference entre Buenos Aires et Paris, magnifique ville malheureusement pourie par ses habitants – pardon). Beaucoup de monde, beaucoup de voitures, beaucoup de pollution, beaucoup de gens presses, beaucoup de touristes et en plus en ce moment un temps un peu pouri.

Ce qui ne m’empeche pas de profiter de tout ce qu’elle peut offrir d’excellent, en allant des glaces Freddo a son dynamisme culturel (cine, concerts, expos) sans oublier les soirees qui ne se terminent pas (avec des rues bondees de monde a 7h du matin) et les taxis souvent moins chers que le metro parisien…

Dimanche 2 Mars (Comment ca on n’est plus en fevrier ??), Cordoba, Argentina, je boite un peu mais je suis vivant.

Voilá. Dans une demi-journee, je serai a Buenos Aires, Jujuy et le nord de l’Argentine est definitivement derriere moi (je me suis meme rase…). Je vous ferai partager quelques souvenirs et quelques airs de folklore dans quelques jours. En attendant, une autre photo avec David et des amis rencontres a Tilcara.

Si vous avez facebook, vous pouvez voir des photos sur la page de David : http://www.facebook.com/album.php?aid=30931&id=54809368

Peut etre aussi il faut etre son ami pour les voir, je ne sais pas, sinon, attendez un peu.

Bon j arrette avant d’avoir envie de pleurer, et avant de ne plus avoir aucun pesos pour acheter a manger pour le bus…

De gauiche a droite : moi, la copine de Juan Ma, Lucia, David, Juan Manuel.

Ah, allez, une petite derniere, parce que je l’aime bien, celle-la…

Devinez qui c’est…

He oui, il y a vait un petit piege : celui qui porte le chapeau sur la premier photo n etait pas le meme que sur la deuxieme…

jeudi 20 fevrier (deja!?) 2008, San Salvador de Jujuy, Argentina, je perds ma peau mais je suis vivant.

Je mettrai en ligne photos et musique du voyage dans la province de Jujuy dès que j’arriverai a Buenos Aires, c est a dire fin fevrier ou tout debut mars. Jujuy est region d’Argentine la plus au nord du pays et j’en suis tombé complètement amoureux. Pour sa musique, le folkore, que vous entendrez bientot. Pour ses traditions, et particulierement le carnaval. Pour ses paysages, les cactus et les montagnes rocheuses de 1000 couleurs. Et bien sûr pour les jujeños qui çrepresentent la genorisité même.

J’ai vu des choses magnifiques (l’enterrement du diable, le dernier jour du carnaval), j’ai fait des rencontres formidables (des musiciens nomades, des artisans voyageurs - et une foule d’etudiants de buenos aires en vacances). J’ai fait des balades dans des endroits incroyables (notamment un desert de sel a cote de Purmamarca). Et j’ai dansé tous les soirs au rythme d’une musique qui chante ni plus ni moins le bonheur de vivre et de faire la fête.

Mais le diable est enterré,le carnaval terminé, je quitte Jujuy demain et les grandes villes m’attendent. Hier l’orage a tué quatre enfants. Aujourd’hui comme demain, tout ce que j’ai vécu ici me manque déjà.

Hasta el año proximo.

Viva Jujuy

Viva la Quebrada

Viva el viaje

Viva la vida

Samedi 10 fevrier, dernier jour de carnaval, Yavi, Jujuy, Argentina, je suis vivant.
Je suis a Yavi, un petit village indien tout près de la frontière bolivienne et tout près des étoiles. Je ne dis pas ca parce que le village et ses habitants sont adorables mais parce que réellement, la nuit, quand on s’éloigne un peu des lumieres, on voit voit les étoiles comme si elles étaient toutes proches – et d’ailleurs elles sont plus proches puisque je suis à 3500 m d’altitude.  Je dors dans une “casa de familia”, tout ce qu’il y a de plus rudimentaire et de pluys sympatique dans le meme temps. Une grange pour dormir (6 pesos a meme le sol, 8 avec un matelas et 15 avec le lit et les draps – le grand luxe). Des trous dans le toits pour faire planétarium. Des chiens qui se battent avec un cabrito loco qui depuis quelques heures est un cabrito muerto car la famille a décidé de le disséquer, de le cuire et de le manger (je ne vous raconte pas la dissection). Et toute la famille, c’est-à-dire une quinzaine de personnes de tout age.
Et ce matin, je pensais partir, je voulais parti, je devais partir et j’étais en train de partir quand Lola, la gérante de l’auberge, enfin de la grange où je dors (“hospedaje Lola”) m’a fait changer de programme en quelques paroles saines :

- Mañana…aqui…muy lindo…carnaval…alla en tilcara…mucha gente…

- Ok… Creo que voy a quedarme una noche mas…

Et donc aujourd’hui je suis encore là, demain j’essaierai de nouveau de partir mais ce n’est pas dit que j’y arrive.